novembre 14, 2012

Pour son édition 2012 de ses traditionnels Petits Déjeuner équitables, Oxfam.be a demandé la réalisation de l'annonce radio à SDLM. Il tourne depuis ce matin sur les chaines de la RTBF.

octobre 3, 2012

CHUCK D : « PUBLIC ENEMY EST LE VIGILE DU HIP-HOP »



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Le 26 octobre prochain, Public Enemy se produira à Bruxelles dans le cadre du Festival des libertés. Rencontre avec Chuck D, le leader du mythique groupe de hip-hop.

Il est presque 23 heures à la pendule d’un festival bruxellois, quand le légendaire groupe de hip-hop Public Enemy s’apprête à entrer en scène. Le chapiteau est comble en quelques minutes. Des jeunes, des moins jeunes, des anciens sont venus voir les deux MC [1], les Masters of Ceremony Chuck D et Flavor Flav, et lever le poing aux sons du « real » hip-hop américain. Deux heures plus tard, c’est sous une tente mongole des coulisses du festival que Chuck D répond aux questions qui fusent. Plutôt avare en interviews, il est pourtant loin d’avoir tout dit.

Né en 1986, Public Enemy a été à la fois acteur et témoin privilégié du développement et de l’évolution du hip-hop. « Le principal changement dans le hip-hop, ce sont les journalistes et les multinationales aux USA qui sont devenues paresseuses, cupides et stupides. » Après plus de quinze ans sur le label mythique Def Jam tombé dans l’escarcelle d’Universal Music, Public Enemy a décidé de produire ses disques par ses propres moyens. « Le business de la musique a changé. On voulait que le hip-hop se développe au niveau international et qu’on donne leur chance à beaucoup d’artistes. Un peu comme au basket ou au football, chaque pays a ses représentants. Mais les grosses multinationales ont abîmé le cœur du mouvement. On est là pour les combattre. »

Les grosses multinationales ont abîmé le cœur du mouvement hip-hop

Loin de se calmer au fil du temps, Chuck D et ses compères de scène se sont même radicalisés, empruntant sans cesse des chemins de traverse, loin des facilités ou des redites musicales. « En voyageant autour du monde, nous avons laissé derrière nous les TV et radios américaines. On s’est toujours considérés comme des exilés musicaux par rapport aux USA. Certes, nous y vivons et y jouons dans de gros festivals. Mais on n’a pas les faveurs des TV et des radios. Quand les autres, les plus médiatisés, quittent les USA et parcourt le monde, je me demande si vous, les journalistes, vous vous intéressez à eux parce qu’on les dit riches et célèbres, et qu’ils portent une boucle d’oreille à 5 millions de dollars ou d’autres conneries ? Vous devriez vous exprimer là-dessus et dire que c’est n’importe quoi !  ».

Public Enemy trimbale des paroles qui ont toujours été autant de coups portés aux préjugés de tout poil et autres injustices infligées aux minorités américaines. Ecouter la douzaine d’albums du groupe revient à entendre chuchoter l’Histoire « black » américaine des quarante dernières années. En parallèle à cette conscience aigüe du contexte états-unien, Chuck D se dit par ailleurs citoyen du monde. «  Je suis un « planétoyen » (« earthizen »). Je n’aime pas trop compter sur les gouvernements. J’aime la culture, la musique. J’aime la Terre. Or la Terre n’a jamais eu aucun gouvernement et pourtant tout se met en place naturellement. La nature a développé son propre ordre. Les gouvernements existent parce que certains ont su se montrer cupides. Je suis peut-être un rêveur mais, au moins, je sais que je mène ma barque dans ma musique. »

Sur ses sentiers musicaux, Chuck D a aussi croisé des artistes parfois éloignés des « beats » du hip-hop. Il a enchaîné les collaborations avec le jazzman Archie Sheep ou Sonic Youth, produit un album hommage à James Brown - « L’un des premiers rappeurs de l’histoire de la musique ! » - avec les musiciens de celui-ci, les JB’s. En juin 2012, Public Enemy a rejoint Prince sur scène en Australie. «  Tu ne peux pas espérer mieux ! Je sais que ça peut sembler fou mais, pour un musicien, on peut comparer cela au sexe ! Avec certaines personnes, c’est parfois exceptionnel. Lorsque quelqu’un te dit : « Hé mec, avec ce que tu donnes pour le rap, je m’incline. Je fais un autre style de musique mais j’aime ce que tu fais ! ». Or l’un des critères fondateurs du hip-hop, c’est de respecter les autres musiciens et leurs musiques. C’est pourquoi les DJ’s sont tellement importants. Ils doivent respecter les musiciens et les albums. Et les MC’s ne doivent pas s’écarter de ce chemin.  »

Quand on lui demande ce qu’il pense de Barack Obama et s’il n’est pas trop déçu, il répond du tac au tac : « Vous savez, le président Obama a beau être quelqu’un de bien, il a un mauvais gouvernement. C’est comme un bon conducteur avec une mauvaise voiture, et qui essaie de la réparer tout en la conduisant ! Durant son mandat, nous devons continuer à nous battre, en tant que peuple, pour le changement. Il fait des choix fort critiquables avec son gouvernement : la décapitation de l’Afrique, la militarisation et l’OTAN, les conflits pour le pétrole, etc. Il n’a pas tout le pouvoir entre ses mains. 2012 promet d’être une année intéressante. »

Pour Public Enemy aussi, puisque le groupe sort deux albums à trois mois d’écart, deux opus autoproduits grâce à un appel à souscription lancé aux fans. [2] « C’est une bonne manière de donner un coup dans la fourmilière. Il y a différentes façons de s’y prendre. Soit on dépense beaucoup d’argent, soit on réalise des albums à moindre frais, en maîtrisant les outils technologiques.  ». Dans le milieu hip-hop, Public Enemy est un des rares à être resté totalement indépendant, une exception pour un groupe d’une telle notoriété. «  J’aimerais que l’industrie du disque soit plus juste. Même avec internet, il se passe la même chose qu’avec les multinationales du disque. Il faut toujours les combattre parce qu’avec leur lot d’avocats, de comptables et de businessmen qui n’ont rien à voir avec la musique, en définitive, elles traitent toujours les musiciens comme de la merde. »

Si tu t’envoies en l’air, tu peux retomber de haut

Presque quarante-cinq minutes que nous sommes sous la tente et Chuck D, en forme, en redemande. 25 ans de carrière ne l’ont pas usé. « Il n’y a rien de honteux à dire que l’on devient vieux parce que le cadeau ultime que tu peux recevoir de Dieu, ce sont des années à vivre. Donc je ne prétends pas être jeune. Essayer de faire plus jeune, ce sont des conneries. Je suis ravi d’avoir 51 ans. Je m‘économise, je veux encore être là longtemps. Je suis heureux que Public Enemy, à 25 ans, soit toujours dans la place et on va essayer de tenir le cap jusqu’aux 30 ans, voire 35 ans (rires).  »

Avant de partir d’un pas tranquille, le bonhomme conclut : « Comptez sur vous-mêmes, avec votre tête et votre esprit. Parce que la plupart des gens n’ont plus d’esprit critique, ni toute leur âme. Ils sont comme des robots attendant que les gouvernements ou la culture les guident. Ils n’ont plus d’opinion propre, ni de connaissance de l’Histoire qui leur permettrait de savoir quelles erreurs ont été commises par le passé. Ils pensent que tout va bien parce qu’ils sont heureux et qu’ils s’envoient en l’air. Mais si tu t’envoies en l’air, tu peux retomber de haut. C’est comme un bandage. On a beau le mettre, il y a toujours une blessure. Si les gens ne comprennent plus, il faut qu’il en reste certains qui continuent à se battre et à expliquer. Ce ne sera peut-être pas joli ni populaire, mais il faut que ce soit fait. Un sale boulot, comme les vigiles à l’entrée des clubs. Il en faut toujours pour que la fête soit belle. Public Enemy est le vigile du hip-hop, dans le monde de la musique. Mais il faut qu’on s’amuse à l’être.  »

Notes

[1] Dans le mouvement hip-hop, le terme Master of Ceremony (MC) désigne celui qui prend la parole sur les « beats » (l’instrumental). C’est, par extension, le chanteur du groupe.

[2] En juillet : Most of My Heroes Still Don’t Appear on No Stamp. En Septembre : The Evil Empire of Everything.

Julien Truddaïu

Traduction : Cachou Kirsch. Merci à Lino et Greg @ Skinfama.

Source : article publié dans dlm-demain le monde, n°15, septembre-octobre 2012.

septembre 25, 2012
les moissons du Futur de Marie-Monique Robin

Les moissons du futur by Sdlm on Mixcloud

Marie-Monique Robin est de retour avec “Les Moissons du futur” et démontre avec ce tour du monde des alternatives aux OGM et autres pesticides que nourrir la planète par l’agroécologie est possible… 

Rencontre avec la réalisatrice et Virginie Pissort (SOS Faim, co-producteur du film) 

Interview et réalisation : Julien Truddaïu 
Voix off : Cachou Kirsch 
Extraits musicaux : Hauschka, Paolo Fresu


Le film sera diffusé 
-> le 26 septembre 2012 sur la RTBF 
-> le 11 octobre 2012 sur grand écran au Cinéma Vendôme (Bruxelles) 
-> le 16 octobre 2012 sur Arte France 

Le livre “Les moissons du futur, comment l’agroécologie peut nourrir le monde sera en librairie le 8 octobre (La Découverte/Arte-Éditions)




septembre 12, 2012

Celui qui se moque du crocodile…

C'est donc reparti…

“Celui qui se moque du Crocodile, n'a pas traversé la rivière” est repris à la Samaritaine à Bruxelles du 18 septembre au 6 octobre 2012.

L'occasion de découvrir ou revoir la grande et petite histoire de Guy Theunissen et François Ebouele.

Scénographie sonore et musiques signée Julien Truddaïu (SDLM)

Petite mise en bouche musicale avec la musique de la pièce remixée ici par El Matanzas

Direction artistique et texte - Guy Theunissen/La Maison Ephémère
Interprétation et création - François Ebouele et Guy Theunissen
Mise en scène - Yaya Mbile Bitang et Brigitte Baillieux
Scénographie et costumes - Raphaëlle Debattice
Création lumière - Laurent Kaye
Création son - Julien Truddaïu - SDLM




juin 15, 2012   4 notes

Neerman & Kouyate, AR Bamako-Paris by Sdlm on Mixcloud

Neerman & Kouyate, AR Bamako-Paris

David Neerman et Lanciné Kouyaté sont respectivement vibraphoniste et balafoniste
Rencontre musicale entre le fer et le bois, entre la musique mandingue du Malien et celle du jazz-rock du Français. 
4 baguettes pour un aller-retour entre Bamako et Paris. 
Rencontre avec les deux amis 

ITV et réalisation : Julien Truddaïu 
Musiques : Neerman & Kouyaté (No Format)




février 10, 2012   1 note

Tous au Larzac avec Christian Rouaud by Sdlm on Mixcloud

Tous au Larzac avec Christian Rouaud

Marizette, Christiane, Pierre, Léon, José… sont quelques uns des acteurs, drôles et émouvants, d’une incroyable lutte, celle des paysans du Larzac contre l’Etat, affrontement du faible contre le fort, qui les a unis dans un combat sans merci pour sauver leurs terres. Un combat déterminé et joyeux, mais parfois aussi éprouvant et périlleux. 

Dix ans de résistance, d’intelligence collective et de solidarité, qui les porteront vers la victoire. 
Rencontre avec Christian Rouaud, réalisateur du film. 

On reparle de cette incroyable lutte mais aussi de l’objet de cinéma qu’est Tous au Larzac 

Réalisation et interview : Julien Truddaïu 
avec la participation de Cachou Kirsch 

Extraits musicaux : Bernard Lubat, La Talvera



octobre 16, 2011

Pas solution ? Pas de problème !


Avec : Bert Kruismans, Olivier Prémel
Réalisation : Julien Truddaïu & Ben Flinois
Cadre : Thibaud Roy
Régie/Script : Sylvie Traisnel & Stephane Desgain
Habillage Sonore : Matanzas
My Pixel is rich & SDLM Prod

Pour la Journée Mondiale de l'Alimentation 2011, la Coalition contre la faim propose une vidéo de décorticage de l'absurde par l'absurde.

Apres avoir expliqué la Flandre aux Wallons, la Wallonie aux Flamands, la Belgique aux Français, Bert Kruismans tentait de nous expliquer la crise alimentaire globale, à l'occasion de la Journée Mondiale de l'Alimentation de 2011.
Libéralisme, foi dans les investisseurs, liberté des financiers, agrocarburants, les “idées géniales” ne manquent pas !

www.jma2011.be



septembre 15, 2011

Cheminots, interview de Sébastien Jousse by Sdlm on Mixcloud

Cheminots, interview de Sébastien Jousse

Un train entre en gare de La Ciotat. Le berceau du cinéma est le point de départ d’un voyage inédit. 

En découvrant différents sites ferroviaires en Provence-Alpes-Côte d’Azur, “Cheminots” part à la rencontre de celles et ceux qui travaillent quotidiennement à « faire le train ». À travers leurs témoignages, leur travail, en interrogeant également l’histoire et le cinéma, l’évidence se révèle : le train crée du lien. Il a structuré un territoire ; il a fait un réseau unifié de lignes autrefois indépendantes. Le train a surtout fédéré une communauté professionnelle, à partir de métiers différents – ouvriers, techniciens et ingénieurs – autour de valeurs fortes : les cheminots. 

Rencontre avec l’un des deux réalisateurs du film, Sébastien Jousse. 

Interview et réalisation : Julien Truddaïu, septembre 2011

Sons additionnels issus du film “Cheminots” de Sébastien Jousse et Luc Joulé 



juillet 4, 2011   1 note

Pierre Étaix, clown, dessinateur, réalisateur... by Sdlm on Mixcloud

Pierre Étaix, clown, dessinateur, réalisateur…

Tour à tour artiste de music-hall, chercheur de gag pour Jacques Tati, clown, réalisateur, dessinateur, Pierre Étaix n’a jamais cessé de toucher à tout. 

Privés de projection pendant de trop nombreuses années, ses films ont pu ressortir en 2011 en version restaurée. A l’occasion de la rétrospective que lui a consacrée la Cinematek de Bruxelles, nous rencontrons le grand défenseur du Cirque et des artisans du Cinéma. 

Contemplant la capitale belge du haut du 17e étage d’un building, Pierre Étaix revient sur sa carrière et apporte son (nécessaire) témoignage artistique à une époque où les artisans se font de plus en plus rares… 

Interview et réalisation : Julien Truddaïu

Sons additionnels : extraits sonores des films de Pierre Étaix 
Extraits musicaux : Buscemi & The Michel BiscegliaJimmy CobbPaolo Fresu – Richard Galliano – Jan Lundgren, Enrico Pieranunzi. 

L’intégrale des films de Pierre Étaix est aussi disponible en DVD !



juillet 4, 2011

Pierre Étaix, clown, dessinateur, réalisateur…

Tour à tour artiste de music-hall, chercheur de gag pour Jacques Tati, clown, réalisateur, dessinateur, Pierre Étaix n’a jamais cessé de toucher à tout. 

Privés de projection pendant de trop nombreuses années, ses films ont pu ressortir en 2011 en version restaurée. A l’occasion de la rétrospective que lui a consacrée la Cinematek de Bruxelles, nous rencontrons le grand défenseur du Cirque et des artisans du Cinéma. 

Contemplant la capitale belge du haut du 17e étage d’un building, Pierre Étaix revient sur sa carrière et apporte son (nécessaire) témoignage artistique à une époque où les artisans se font de plus en plus rares… 


Interview et réalisation : Julien Truddaïu

Sons additionnels : extraits sonores des films de Pierre Étaix 
Extraits musicaux : Buscemi & The Michel Bisceglia, Jimmy Cobb, Paolo Fresu – Richard Galliano – Jan Lundgren, Enrico Pieranunzi. 

L’intégrale des films de Pierre Étaix est aussi disponible en DVD !